Remise du prix littéraire d'Aquitaine 2007
par
Madame Anne-Marie COCULA
en l'Hôtel de Région

Anne-Marie COCULA et
Philippe COUGRAND
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De très nombreux invités étaient présents lundi 3 mars à l'hôtel de Région pour assister à la remise du Prix littéraire d'Aquitaine 2007 à Philippe COUGRAND par Anne-Marie COCULA vice-présidente du Conseil Régional.
Devant une très nombreuse affluence, Anne-Marie COCULA a remis le Prix littéraire d'Aquitaine 2007 à Philippe COUGRAND pour son livre "Mortel Estuaire", Editions Atelier In-8
Dans son brillant discours (intégralité publiée ci-dessous), la vice-présidente du Conseil Régional reprenait à son compte les riches et souvent dramatiques heures de l'estuaire de la Garonne, lieu de l'intrigue du livre récompensé. Anne-Marie COCULA mettait également à l'honneur les Savoir-Faire d'Aquitaine soulignant la qualité du travail et des réalisations de notre association.
Jean SUHAS, président des Savoir-Faire d'Aquitaine, remerciait tour à tour les illustres protagonistes de cette manifestation se félicitant de la notoriété de plus en plus importante et de la couverture médiatique dont bénéficie le Prix littéraire d'Aquitaine depuis sa création. Des remerciements tous particuliers allaient à l'ARPEL.
Il n'oubliait pas les partenaires actifs tels que EDF et ELLIPSE AFFICHAGE qui concourrent, grâce à leur soutien, à la réussite de cet évènement littéraire majeur de notre région.
Puis Jacques ABEILLE nous narrait les qualités du livre de Philippe COUGRAND qui ont motivé la décision du jury qu'il présidait.
Toutes et tous purent clôturer cette très belle manifestation en appréciant la qualité du buffet dont la richesse gastronomique illustrait merveilleusement la richesse littéraire aquitaine dont "Mortuel Estuaire" en est la parfaite illustration.
Le discours d'Anne-Marie COCULA
Le lundi 3 mars, à l'Hôtel de Région, Philippe Cougrand recevait le Prix littéraire d'Aquitaine 2007, organisé par les Savoir-Faire d'Aquitaine, des mains d'Anne-Marie Cocula, vice-présidente du conseil régional. Cette dernière accompagnait son geste officiel d'un discours dont nous nous plaisons à reproduire ici l'intégralité. On pourra y juger de la qualité du style et de la pertinence de la critique.
Je me réjouis de recevoir au Conseil régional, au nom de son président Alain Rousset, l'équipe des savoir-faire à laquelle me relie des liens d'amitié très forts et personnifie si bien le président Jean Suhas, ici présent. Ma joie est d'autant plus grande, aujourd'hui, qu'elle s'accompagne de l'honneur d'accueillir le lauréat du prix littéraire d'Aquitaine 2007 en la personne de Philippe Cougrand pour son ouvrage au titre évocateur et inquiétant : Mortel estuaire , publié en 2007. D'emblée, il faut saluer la qualité de ce choix dont le mérite revient à la fois au jury qui l'a distingué et au talent d'un écrivain qui excelle dans l'art de décrire des lieux familiers et de les intégrer dans des récits tout à la fois historiques et policiers. Il y avait là de quoi répondre aux souhaits des membres des savoir-faire qui mettent un point d'honneur à ne rien considérer comme étranger quand il s'agit de biens propres à l'Aquitaine, quels qu'ils soient. Des huîtres aux chants basques, des dîners copieux aux repas champêtres des ballades, de la recette des cannelés au menu de « l'assiette de Moustache », d'une maison d'écrivain à l'autre, des sportifs de tous niveaux aux simples partisans de la chaise longue, des métiers d'hier à ceux d'aujourd'hui et de demain, tous les sujets passionnent les militants des savoir-faire et tous les incitent à la récréation et à la création. Sans oublier leur amour démesuré pour les chansons et les poèmes.
Avec Mortel estuaire, ils sont parfaitement bien servis puisque la rivière de Gironde et ses paysages sont les personnages principaux d'un drame aux multiples visages qui se noue sur leurs rives et dans les eaux troubles qui vont et viennent avec les courants des marées. Au fur et à mesure d'une lecture captivante, me sont revenues en mémoire des visions fugitives de notre histoire qui ont eu l'estuaire pour principal acteur. Je pense à la remontée des drakkars normands qui pendant tout le IXème siècle ont copieusement pillé les abbayes et les villes riveraines. Je n'oublie pas les combats séculaires des Anglo-Gascons et des Français, puis des Français face aux Espagnols et, des Français face aux Allemands, ni les travailleurs disparus par centaines en construisant le phare de Cordouan à la fin du XVIè siècle, ni les départs émouvants comme celui de La Fayette et de ses compagnons en route maritime vers les futurs Etats-Unis, ni les retours éprouvants porteurs de tragédies comme celui des députés girondins qui débarquent de nuit au bec d'Ambès, à l'été 1793, sans savoir qu'ils sont déjà dénoncés et poursuivis, ni la longue traque des protestants aquitains et languedociens contraints de fuir vers l'étranger après la révocation de l'édit de Nantes, en 1685, et qui trouvent un refuge provisoire de quelques jours dans les immenses carrières de la rive droite creusées pour construire Bordeaux…Leur labyrinthe est au cœur du récit de Philippe Cougrand : il sera le refuge mortel de ceux qui, de Méditerranée en Atlantique, ont cru pouvoir se venger de l'histoire sans oublier d'en tirer bénéfice en or plutôt qu'en argent. C'est cet intérêt qui va tous les perdre tout en maintenant en vie le narrateur de ce récit, qui ressemble comme un frère aux anti-héros des grands romans policiers de facture américaine ou espagnole. Encore plus sombre que la sombre histoire des illusions dévoyées des personnages de Mortel estuaire , il y a les eaux de la Gironde , immense dépotoir de bateaux engloutis, il y a les nuits sans lune et les terres humides des bords de rivière où s'enlise la voiture du narrateur, il y a les carrières souterraines seulement illuminées par l'immense projecteur de la fin du récit, il y a enfin les ceps des vignes, transformés en armée des ombres qui fait obstacle aux courses- poursuites des personnages en lutte les uns contre les autres, à la vie, à la mort. Il y a enfin l'actualité tout récente puisque vient d'être extraite des eaux de la Gironde la carcasse d'un avion mirage naufragé et démantibulé…Plongez vous bien vite …dans la lecture de l'ouvrage de Philippe Cougrand et, après le buffet auquel j'ai le plaisir de vous inviter, terminez la soirée en regardant sur ARTE La Mort aux trousses , vous ne serez pas dépaysés et la nuit à venir sera, peut-être, sereine, on ne sait jamais….
Anne-Marie Cocula
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Un public très nombreux

Jean SUHAS aux côtés du jury

Jean SUHAS et Philippe COUGRAND

Anne-Marie COCULA et le jury
L'interview de Philippe COUGRAND
lors du journal de France 3 Aquitaine
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